D.PEC

ajout le 25/06/2017 pour St Mards de Fresnes (D.PEC 09)

ajout le 15/09/2017 pour Caen (D.PEC 17)

La ligne Paris-Cherbourg

Nous avons fait le choix de ne faire porter cet article que sur le tronçon de la ligne entre Evreux et Caen. 

Le tronçon Evreux-Caen de la ligne Paris-Cherbourg comporte 17 stations.

Voici le profil de la ligne:

Section de Évreux à Caen (dans l’ordre de la ligne):

D. PEC. 01      ÉVREUX

Commençons par cette vue panoramique prise du haut de la ville:

La gare domine, à mi-chemin entre le centre ville et le collège qui se trouve sur le haut de la colline.

La gare d’Evreux a échappé aux bombardements de l’été 1944, la gare est restée presque intacte comme on peut le constater sur la vue suivante. Seule la structure couvrant les quais a disparu, et la toiture du bâtiment principal à été refaite.

Maintenant rendons nous place de la gare dans les années 50:

et revenons en 1914, sauf le fronton du bâtiment et le porche en fonte, rien n’a changé…ou presque

et retournons nous vers l’Hôtel de la Gare

Nous faisons le tour de la place…

Une vue d’ensemble plus tardive:

Et nous revenons à la gare faire connaissance avec le personnel…

L’arrivée sur la gare, venant de Paris:

Les quais:

Nous quittons Evreux en direction de Lisieux, sur notre droite nous trouvons la gare de marchandise:

et sur notre gauche les ateliers:

nous poursuivons la ligne, et faisons 6km

D. PEC. 02      ARNIERES-S-ITON

La gare est inaugurée en 1912

En 1914, à la déclaration de la guerre, un service de Garde des Voies de Communication est mis en place. Ce corps mobilise 200.000 hommes dont la principale fonction est de protéger les voies de chemin de fer et les routes. La stabilisation rapide du front fera que les plus âgés sont renvoyés dans leurs foyers, et les plus jeunes iront sur le front.

Arniéres avait son groupe de gardes:

Quittons Arniéres pour la gare suivante…à 6km

D. PEC. 03      LA BONNEVILLE

Dans « La Vie du Rail » du 26 mai 2017, un excellent article détaille la catastrophe de « St Elier ».  L’accident a en réalité eu lieu sur la commune de Croisille.

Ce grave déraillement a eu lieu le 24 octobre 1933 et a provoqué la mort de 37 personnes et plus de 60 blessés.

Encore 8km et nous arrivons à..

D. PEC. 04      CONCHES



Parcourons encore 10km pour arriver à…

D. PEC. 05      ROMILLY-LA-PUTHENAY

Et 11km plus loin…

D. PEC. 06      BEAUMONT-LE-ROGER

 

à la prochaine gare: correspondance avec la ligne de Rouen…

D. PEC. 07      SERQUIGNY

carrefour stratégique entre les lignes Paris-Cherbourg et Caen-Rouen, cette gare n’a pas résisté aux bombardements de 1944…

D. PEC. 08      BERNAY

10km après Serquigny, nous sommes arrivés à Bernay.

Cette ville commerçante était desservie également par une ligne à voie étroite, côté ville. Cette ligne, en partie sur route, rejoint Pont-l’Evêque par Cormeilles (étudiée à la page P.PLB):

et côté grandes lignes:

Bernay est une gare à risque. Située dans une courbe, à sortie d’un tunnel (sens Caen-Evreux), les rames l’abordent à vitesse réduite.

Mais le 10 septembre 1910, à 16h45, l’express Cherbourg-Paris déraille à 102 km/h, 200m après être sorti du tunnel et avoir franchi la gare sans arrêt. La locomotive et 12 voitures sur les 20 que comportait le convoi se couchent, le bilan est de 9 morts et 47 blessés. Après avoir émis l’hypothèse d’un défaut d’entretien des voies, les experts concluront à un défaut de fabrication d’un bogie de la locomotive Pacific, le conducteur de la machine avait signalé ce défaut dans les semaines précédant l’accident.

Reprenons le cours de la voie pour arriver 11km plus loin à:

D. PEC. 09      ST MARDS-DE-FRESNE

 

Cette curiosité est une carte postale de Vittel, bien écrite de Vittel (Hôtel Beau Séjour) .Ayant échappé à l’oblitération elles se trouve assez mystérieusement dans l’ ambulant PARIS-TROUVILLE (qui passe à LISIEUX ). Aucune autre trace de manipulation intermédiaire.

L’ambulant annule le timbre de sa griffe PARIS À TROUVILLE , la carte va jusqu’à LISIEUX (? ou Trouville pourquoi pas) puis revient : 2e griffe du même ambulant dans l’autre sens.
COURTONNE LA VILLE dans le Calvados, est distribuée par St GERMAIN -LA-CAMPAGNE qui est dans l’Eure: la gare pour la dépêche de l’ ambulant est donc ST MARDS -DE-FRESNE (Eure). Voyez le plan de ligne.

 

Lisieux approche, plus qu’une station à 14km, et nous quittons le département de l’Eure pour rentrer dans le Calvados…

D. PEC. 10      COURTONNE -LA-MEURDRAC

Courtonne aussi avait son groupe de GVC (Gardes des Voies de Communication):

Trouvé dans un journal de juin 1928:

Une grave affaire.  –  Dans la nuit de dimanche à lundi, M. Joseph Bizot, agent visiteur de service à la gare de Courtonne-la-Meurdrac, canton de Lisieux, constatait  qu’un rail de 12 mètres avait été déboulonné et décoincé sur la ligne Paris-Cherbourg, dans une courbe assez prononcée. Une clé à boulons et un portefeuille contenant des papiers au nom de Prosper Beudin, cantonnier à l’essai de la gare de Courtonne-la-Meurdrac, ayant été trouvés sur les lieux du  sabotage, ce dernier était aussitôt interrogé par M. Priet, juge d’instruction de Lisieux. Beudin commença par déclarer qu’il avait égaré son portefeuille depuis plusieurs jours mais, pressé de questions, il finissait par avouer que, le  samedi 9 juin, en rentrant chez lui après avoir absorbé plusieurs tasses de café à l’eau-de-vie, l’idée lui était venue de dévisser un rail : « J’ai agi inconsciemment bien que je reconnaisse que mon acte pouvait déterminer un accident grave ». En effet, le misérable avait choisi l’endroit ou la voie se trouve à flanc de coteau sur un talus de 10 mètres de haut. C’est miracle qu’un terrible déraillement n’ait pas été provoqué par ce geste criminel, une vingtaine de trains étant passés ainsi, durant toute la journée de dimanche, sur le rail déboulonné. Le coupable, né à Niort-Lafontaine (Mayenne), a 22 ans et appartient au réseau depuis le 2 janvier. C’est un employé médiocre, qui avait déjà encouru plusieurs observations et punitions. Il aura à répondre de son acte devant les Assises où il faut espérer que son acte abominable lui vaudra une punition exemplaire.  

Et Hop, encore 8km et on est arrivé…

D. PEC. 11      LISIEUX

« LISIEUX, LISIEUX, 5 minutes d’arrêt, correspondance pour Trouville-Deauville sur le quai E »

voir l’article sur la ligne Paris-Cherbourg en gare de Lisieux

D. PEC. 12      LA HOUBLONNIERE

Située à la sortie du tunnel de la Houblonnière (La Motte), à 10km de Lisieux, l’iconographie de cette petite station est très discrète…

A proximité, petit bâtiment utilisé par le personnel entretenant les voies était situé à la sortie du tunnel de la Motte, à la Houblonnière.:

Le bâtiment de l’ancienne gare aujourd’hui, une maison d’habitation:

Credit: Photos juin 2017 (J.M. Lisieux)

Mais pendant la guerre de 14/18, les GVC (voir plus haut à Courtonne-la-Meurdrac et Arnières-sur-Iton) assuraient la gardre du tunnel, et leur poste à La Houblonnière était le « Poste 16 »:

Souvent assimilé à un seul tunnel, le tunnel de La Motte est en réalité constitué de 2 tunnels: La Motte (2072m) et La Houblonnière (458m) séparés par une tranchée de 30m. Ils ont été percé entre 1853 et 1855.

En juin 1940, le tunnel est obstrué côté La Houblonnière provoquant l’interruption de la liaison ferrée Paris-Cherbourg (extraits d’un journal de juillet et août 1940):

« Les travaux du tunnel de la Motte.  –   Comme nous l’avons déjà dit, l’entrée du tunnel de la Motte, entre La Houblonnière et Lisieux, a sauté lors du recul des armées françaises. Elle a été obstruée sur une longueur de 37 m. Plusieurs centaines de milliers de mètre cubes de terre doivent être maintenant enlevés pour faire une tranchée et une nouvelle entrée du tunnel. Ces travaux ont été confiés par la S.N.C.F. à des entreprises privées et se poursuivent sous le contrôle du génie militaire allemand. Actuellement plus de cent ouvriers y sont occupés et les déblais sont immédiatement évacués sur des wagons. Un délai maximum de deux mois a été imposé. Par ailleurs, on procède à la réfection du pont de l’entrée de Lisieux, ce qui facilitera grandement, les relations par voie ferrée entre Cherbourg, Caen et Paris.  « 

« Dans le tunnel de la Motte.  –   Les travaux de déblaiement s’y poursuivent activement. Dès à présent, du côté où le tunnel a été détérioré, c’est à dire du côté de Caen, le jour commence à paraître et seule, la base de la masse éboulée reste à enlever. On espère que la circulation ferroviaire Paris Cherbourg va pouvoir reprendre bientôt normalement. »

Les travaux durèrent 4 mois…

Et dans Ouest France du 29 septembre 2013:

« Un tunnel stratégique durant la Seconde Guerre mondiale – Pour éviter des attentats, des « Français ont été réquisitionnés jusqu’en 1944 pour en assurer la garde, indique Maurice Dubois. Par roulement de 10 h à minuit, puis de 0 h à 5 h. » Et puis, pour protéger les convois, « les Allemands mettaient une mitraillette sur la loco… Et des civils dans les wagons pour servir d’otages. » Au moment du Débarquement, où les combats faisaient rage dans la plaine de Falaise toute proche, le tunnel a été bombardé par des chapelets de bombes mais sans être atteint. « Dans la nuit du 14 juillet, puis celle du 1er août 1944, ça a été incroyable, raconte Maurice Dubois. Les avions ne cessaient pas de passer et de lâcher leurs bombes tout autour. » Dans le champ à proximité de l’entonnoir* on a dénombré « 46 cratères énormes ». »

*NDLR: l’entonnoir, c’est la tranchée entre les 2 tunnels

Vous pouvez également consulter cet article du même jour: http://www.ouest-france.fr/normandie/lisieux-14100/le-tunnel-de-la-motte-vie-au-dessus-vie-du-dessous-1615349

 

D. PEC.13       LE MESNIL-MAUGER

9km après La Houblonnière, nous arrivons au Mesnil-Mauger.

Dans un journal d’avril 1913:

Déraillement sur la ligne Paris-Cherbourg  –  Vendredi 4 au matin, vers 10 heures, le train de marchandises 4302, de Caen a Mantes, composé de 35 wagons pesant au total 435 tonnes, a déraillé au kilomètre 204-500, entre Mesnil-Mauger et le tunnel de la Motte, par suite d’une rupture d’attelage entre les douzième et treizième wagon. Un seul wagon a déraillé. Il n’y a pas eu d’accident de personne. La première partie du train est arrivée seule à Bayeux, le reste du convoi a été refoulé par un train de voyageurs qui suivait. Il en est résulté un retard d’une demi-heure pour l’express de midi. Une enquête est ouverte. Les dégâts matériels sont peu considérables.

Et en octobre 1917:

La rames en balade.  –  Dans la nuit de jeudi à vendredi, le train de Paris, allait quitter Mesnil-Mauger quand le personnel de la gare fut averti qu’une rame de wagons chargés de cailloux, en dérive par suite d’une rupture d’attelage, arrivait à toute vitesse vers la gare. On gara le train de voyageurs sur une autre voie, pas assez vite cependant car les wagons, arrivant en trombe, prirent en écharpe le fourgon de queue et un wagon du train de Paris. Deux voitures furent renversées et télescopées. Par bonheur, on n’eut pas de mort à déplorer ; cinq militaires blessés seulement, dont un assez grièvement. On les soigne à l’hôpital de Lisieux. Les pertes matérielles sont assez importantes.

Et nous reprenons la route vers une des plus « grosse » gare de triage de l’ouest de la France, à 8km…

D. PEC.14       MEZIDON

Situé à l’intersection de plusieurs lignes, Mézidon a longtemps été un point ferroviaire stratégique. Les correspondances étaient possible pour: -Le Mans et Tours, pour les grandes lignes (Caen à Le Mans); -Dives-sur-Mer et Trouville-Deauville, Coulibœuf et Falaise, Echauffour et Sainte-Gauburge (par Mesnil-Mauger),  pour les lignes locales.

La gare disposait également d’ateliers très importants assurant la maintenance des rames.

Ces ateliers se trouvaient sur la commune de Canon, qui est aujourd’hui réuni avec Mézidon , formant la commune de Mézidon-Canon.

Et nous reprenons la ligne pour l’étape suivante à 9km.

D. PEC.15       MOULT-ARGENCES ☆

En gare de Moult, une bifurcation locale dessert Argences.

☆  La déviation Moult-Le Fresne d’Argences  est traitée séparément dans l’article E. MFA

D. PEC. 16      FRENOUVILLE-CAGNY

A 7km de Moult, nous arrivons à la gare de Frenouville-Cagny. De ces villages sinistrés par les bombardements, il reste peu de chose. La gare détruite en 1944 et reconstruite après guerre a été rasée il y a quelques années car trop proche des voies. Seul subsiste le quai où s’arrête parfois un TER.

Nous arrivons à la fin du voyage. Plus que 10km et ce sera la gare de Caen.

D. PEC.17       CAEN

« CAEN, CAEN, 5 minutes d’arrêt, correspondance pour Granville (par Lison et Saint-Lô), Tours (par Le Mans), Rouen (par Lisieux) » 

La ville de Caen avant la guerre de 39/45 comprenait 3 gares: la Gare de l’Ouest sur la ligne Paris-Cherbourg, la gare St Martin qui est la gare qui dessert les 2 lignes à  voie étroite de la mer, par Ouistreham ou par Douvres-la-Delivrande vers Courseulles et au delà (étudiées à la page R.CCO et S.CLM).

et la gare St Pierre située sur le port de Caen, dessert  la ligne de Dives-Cabourg, voie étroite qui arrive à Dives côté rue comme à Bernay (étudiée à la page N.DCC).

Mais celle où nous arrivons est la Gare de l’Ouest, que nous découvrons vue du quartier de Vaucelle qui la domine:

et à sa gauche la gare des marchandises:

Pour accéder à la gare, une belle avenue, doublée d’une ligne de tramway

Un marchand vient de prendre livraison de ses colis en arrivage de Paris par notre train…

Profitons-en pour nous rafraîchir au buffet…

Et visitons les quais,

puis la gare des marchandises,

Le 29 août 1929, à 9h du matin, un train composé d’une machine et d’un wagon à destination de Vire est dirigé par erreur sur une voie de garage. Il défonce le heurtoir, le mur de soutainement et finit sa course dans la rue en contrebas, dans la vitrine d’un café! heureusement sans faire de victime.

Ci-dessus le pont sur lequel le train devait passer… et ci-dessous, la machine 5m plus bas!

L’ingénieur Raoul Dautry  directeur général des Chemin de Fer de l’Etat, organise la remise sur les voies de la loco et de son tender.

.

Entre les 2 guerres, le bâtiment principal est remplacé par un bâtiment plus moderne et plus spacieux, mais la ligne générale de l’ancienne gare est conservée avec ses 2 ailes à arcades:

A l’été 1944, la ville est bombardée, et les combat pour sa libération achève de la martyriser. La gare est une cible stratégique…

Après guerre, entre reconstruction et baraquements provisoires…

Caen est reconstruit, la gare aussi

.

Dans les mémoires de Jean Gaument, professeur lexovien qui narre en détail la vie de notre ville pendant la guerre de 14.18 * on lit qu’il voyait, de sa maison de la rue de Caen  » passer les trains de prisonniers » .

La pièce postale présentée ici confirme que les prisonniers « allemands » vus à Lisieux étaient débarqués en Gare de Caen pour le CAMP DE PRISONNIERS DE GUERRE DE MONDEVILLE – HAUTS FOURNEAUX !
En 1916, son Commandant est le Capitaine A.Lacroix. Le texte nous donne aussi l’idée de la possibilité de découvrir des photos de ce camp ?
(Collection H.M.Deauville).
* travail de recherches avec les classes de Pont-Audemer, en collaboration avec la Shl et la médiathèque de Lisieux, par Madame Nathalie Verstraete, Professeure. 2014. 2015. 2016…