Types ou Etats…en typographie et taille douce

le 30/11/2017, ajout des Semeuse camées 30c et 40c

et ajout du 1/2c sur 1c type au genre Blanc

Introduction:

Les définitions de ces 2 termes ont besoin d’être clarifiées dans l’esprit de nos membres, nous nous lançons donc:

Le terme « type » est souvent employé à tort et à travers, aussi bien par les philatélistes que par les catalogues qui leur servent de référence…

A l’instar des naturalistes, le 1er terme que nous devrions utiliser est « Genre »  (du latin genus, genre, sorte, espèce, race, famille, origine) pour définir la famille d’un timbre:

exemple: le Genre Semeuse, le Genre Blanc, le Genre Merson….etc

Le terme Type doit être réservé à différencier le travail du graveur. En effet ce dernier ne réalise qu’un seul et unique poinçon pour chaque timbre, et c’est ce poinçon original qui sert ensuite à la confection du galvano-type qui ne sert jamais à l’impression, c’est la feuille de référence.

Ce galvano type (GT) sert ensuite à la confection des galvanos de service (GS), qui seront montés sur les machines d’impression.

Vient ensuite le travail de l’imprimeur, avec toutes ses contraintes techniques, et avec les modifications éventuelles amenées pour améliorer le rendu de cette impression. C’est à ce moment qu’apparaissent les Etats.

Il y a un 4e terme à utiliser: Variété Constante ou Variété de Case. Ce terme désigne une particularité apparaissant sur 1 timbre dans la feuille, toujours au même emplacement sur toutes les feuilles. Cette variété constante a plusieurs origines: un défaut au moment du report du poinçon sur le galvano type (constante du GT), un défaut au moment de la copie du GT pour obtenir les galvanos de service (constante du GS), une retouche du GT ou du GS par le graveur suite à un accident d’atelier.

Type ou Etat:

-Type:

Dans un genre donné, le graveur peut être amené à modifier son poinçon d’origine ou a graver un nouveau poinçon.

Les raisons sont multiples: changement de valeur faciale, rendu de l’impression ne plaisant pas à un dignitaire de l’état, casse du poinçon d’origine (lors du report sur le galvano type), adaptation à une nouvelle technique d’impression…

Chaque nouveau poinçon donnera naissance à un nouveau type car même le meilleur graveur est incapable de reproduire à l’identique son travail précédent.

-Etat:

L’apparition d’un état peut avoir différentes causes:

-Les Coussinets:

Lors de la « mise en train » pour l’impression du timbre, l’imprimeur est amené à effectuer certains réglages, et notamment la mise en place de « coussinets », morceaux de papier plus ou moins épais placés entre l’élément de pression et la feuille à imprimer pour faire ressortir certains détails. Ces coussinets peuvent être en creux (découpe) ou en relief (hausse) suivant que l’on souhaite éclaircir ou foncer une zone.

Voir à ce sujet l’excellent article du Blog de Papy24 en octobre 2013.

coussinet (image Papy24)

Cette opération réalisée manuellement, et à chaque mise en train, entraîne des différences d’apparence suivant les tirages, sans aucun lien avec le travail du graveur.

-La retouche case par case d’un galvano:

Lors d’un défaut simple constaté sur une première série de feuille, le graveur peut être amené à retoucher directement le galvano ou un poinçon secondaire (copie de l’original) sans refaire son poinçon.

Méthode d’impression:

A ce stade, il est important de différencier les méthode d’impression, car elle auront leur importance dans l’apparition et l’identification des types, états ou constantes.

La Typographie:

Le poinçon est réalisé en relief et à l’envers, le graveur enlève les parties devant rester blanches. Le galvanotype est donc en creux et à l’endroit, les galvanos de service en relief et à l’envers.

La retouche d’un poinçon typo ne peut être effectuée qu’en ajoutant du blanc (enlèvement de matière)… ajouter des traits est plus compliqué (ajout de matière?). L’ajout de trait ne peut être réalisé que sur le galvano type, case par case.

poinçon typographique (Musée de la Poste)

galvano type et galvano de service (Musée de la Poste)

L’imprimeur dépose l’encre sur les reliefs qui imprimeront le timbre.

La Taille Douce:

Le poinçon est réalisé en creux, le graveur enlève les parties devant être en couleur. Le galvano-type est remplacé par une molette de transfert (en relief et à l’endroit). Le galvano de service, qui devient la virole, est en creux et à l’envers. Cette technique permet de réaliser des gravure beaucoup plus fines qu’en typographie, où de très fins reliefs seraient trop fragiles.

A l’inverse de la typographie, la taille douce permet d’ajouter des traits par retouche du poinçon.

poinçon taille douce (Musée de la Poste)

molette et galvano de service (Musée de la Poste)

L’encre est déposée dans les creux et la virole est immédiatement essuyée de façon à ne pas avoir d’encre en dehors des creux. il y a parfois des défauts d’essuyage…

Les Types et Etats par genres:

Les « Blanc« 

Les « Mouchon« 

Les Semeuse

compte tenu de la complexité du sujet, nous présentons cette étude par timbre et non par genre.

La raison en est la génétique des Semeuse: comme l’a défini le Colonel Lebland, les Semeuse lignées de 1903, avec sol et maigres sont toutes issues de copie d’un poinçon primaire sans valeur faciale, nommé « l’Ancêtre » par Pierre de Lizeray, gravé par Mouchon.

En 1907 nait la Semeuse Camée, sur des poinçons gravés par Lhomme, bien que les timbres portent la signature de Mouchon.

A partir de 1920, nouveaux poinçons pour les Camées par François Guillemain, encore avec signature de Mouchon, et en 1927, des « grosses valeurs » par Chevet toujours signées Mouchon!

A partir de 1921, retour des Semeuse Lignées mais sur de nouveaux poinçons de Guillemain, toujours signés Mouchon.

En 1932, Chevet grave un nouveau poinçon pour la Semeuse Lignée 75c (type II, signé…Mouchon), et enfin Piel pour la Semeuse « bicolore » en 1960.

A/ Les Semeuse de Mouchon

1/ Les Semeuse lignées de 1903

Issus du poinçon primaire sans valeur faciale gravé par Eugène MOUCHON, la plupart des poinçons ont été réalisé d’après des répliques en cuivre électrolytique . L’ajout de la valeur faciale et les retouches successives par l’artiste en font donc des types à part entière.

la Semeuse lignée 10c (n°129)

la Semeuse lignée 15c (n°130)

2/ Les Semeuse fond plein de 1906

Ces Semeuse sont issues du même poinçon original, « l’ancêtre », qui a servi aux Semeuse lignées. Mais les copies et retouches successives feront apparaître des caractéristiques propres à chacune.

la Semeuse avec sol 10c (n°134)

les Semeuse « maigres » 10c et 35c (n°135 rouge, 136 violet et 188 vert)

 

 

B/ Les Semeuse camées de Lhomme, de Guillemain et de Chevet

Les Semeuse de 1907: les Semeuse de Mouchon déplaisant au sous-secrétaire des Postes, c’est Jean-Baptiste Lhomme qui devient le graveur des Semeuse. Lhomme grave un nouveau poinçon original en cuivre, sans valeur faciale, avec une légende plus large qui lui fera donner le nom de Semeuse « grasse » par les collectionneurs. Cette nouvelle Semeuse est également pourvue de lignes de lumières très nettes, faisant se détacher le sujet du fond uni: La Semeuse camée est née.

Pour différencier ces Semeuse des Semeuse de 1906, les Semeuse camées n’ont pas le gros point au dessus de la ceinture:

1906 maigre                                                   1907 camée

Cette série de Semeuse est très riche en types et états divers car elle va être utilisé pendant prêt de 30 ans et coïncide avec la période des innovations dans la fabrication des timbres-poste:

-introduction de l’impression rotative

-développement de l’usage des carnets de timbres

-multiplication de la publicité sur les carnets de timbres

-création des rouleaux de timbre pour machine distributrice (roulettes)

Au décès de Lhomme en 1916, F. Guillemain reprend le flambeau et grave de nouveaux poinçons originaux en 1920 et 1921.

En 1927, c’est au tour de Chevet de graver des poinçons pour les Semeuse à « grosse valeur ».

Les galvanos de service seront utilisés pour différentes émissions, fonction de la destination des timbres et de leur mode d’impression. Nous avons donc des timbres de type identique avec des couleurs différentes, et des timbres de même couleur avec des types différents!

Devant la complexité du sujet, nous avons choisi de faire notre présentation par valeur faciale suivant le travail réalisé par Pierre Marion dans son « Dictionnaire des semeuses à types multiples » de 1974.

1/ Les Semeuse camées à 5c

2/ Les Semeuse camées à 10c

3/ Les Semeuse camées à 15c

4/ Les Semeuse camées à 20c

5/ Les Semeuse camées à 25c

6/ Les Semeuse camées à 30c

7/ Les Semeuse camées à 40c

 

Les Semeuse

 

Bibliographie:

-Monographies de J. Storch et R. Françon (type Blanc, type Semeuse de 1903 et 1906, type Semeuse Camée de 1907)

-Dictionnaires des Types de P. Marion (« Semeuses à types multiples »,  et « Typographie et Taille Douce »)

-Catalogue Yvert et Tellier 2016

-Catalogue Spécialisé Yvert et Tellier, Tome 1

-Catalogues Maury Cérés et Dallay 2009

-Collection BB Lisieux

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  1. 30c vert Mermoz n°653 – cpl14.fr
  2. Identification des Types – cpl14.fr

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